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La cucina povera : un paradoxe.

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copyright Sophie Tramier pour l’Express Styles

Voilà, c'est toujours pareil.
Au début, la cucina povera ne méritait même pas le nom de cuisine, puisque c'était l'expédient le plus simple et le moins cher qu'avaient les paysans pour se nourrir avant d'aller bosser des heures aux champs. Selon la région, le nord, naples ou les pouilles, il s'agissait de mélanges rudimentaires de pâtes avec, selon, de la polenta, des pois chiches, brocolis et choux avec du pain, fèves, et même, dans la version la plus immangeable, de la polenta mélangée à de l'eau. Vous me direz que c'est aussi la base du pain (avec du blé). sauf que là ce n'était pas cuit ! Question de temps. Le bon sens familial agrémentait parfois ce mélange. Mais de là à rivaliser avec les trésors gastronomiques servis dans les cours florentines, il y avait loin.
Aujourd'hui, le mot sonne assez chic et donne bonne conscience.
Bon pour moi, c'est au mieux une façon maline d'accommoder les restes et de remplacer les protéines animales grâce aux légumes. Ce concept va faire un malheur chez les vegans. il le fait déjà chez les bobos. J'échappe à cette catégorie, car je suis plutôt dans les bons (bourgeois nomades).
D'ailleurs les chefs toqués s'en emparent, déclinant chacun leur version.
A des amis qui voulaient goûter ce plat délicieux qui est aussi un concept (j'en fais souvent, les enfants adorent çà et çà se décline à volonté.
Je suis sûr qu'on trouvera ce plat dans les menus de l'Elysée si Macron est élu.
Le paradoxe, c'est en partie parce ce plat qui comprend autant de recettes que de cuisiniers, a été totalement récupéré par les plus riches, tout en prenant soin d'en garder le nom fondateur. Sinon ou est l'accroche ?
J'ai fait l'essai d'en faire un plat moderne selon les critères en vogue. Bons légumes bio si possible, même des légumes qu'on a un mal de chien à trouver (cime di rapa, on en trouve à peu près l'équivalent dans les marchés portugais, aie j'entends les puristes hurler, eh oui c'est là aussi le paradoxe, c'est qu'il y a des puristes de la cucina povera !), de bonne pâtes, etc…
Un journaliste, François-Régis Gaudry) définissait cette cuisine comme faite à partir « d’anciens produits de subsistance devenus produits d’excellence vendus à prix d’or". C'est dit.
D'ailleurs mon diner a été réussi (c'est difficile à rater), mais pas moins cher qu'un boeuf bourguignon. Je peux même vous le faire pour plus cher, tout en restant dans l'esprit pauvre.
C'est génial.

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L’OEIL ECOUTE

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